Aujourd'hui, j'ai vu un clown triste.
C'est pourtant une personne que je croyais connaître, une de ces personnes pleines d'humour qui rebondissent sur tout ce que vous dîtes et en fait une blague. Une de ces personnes qui tournent la vie en dérision, qui en rient et qui disent que la meilleure façon de montrer ses dents à la vie est de lui sourire. Une personne qui nous fait sentir que rien n'est grave et que même si ça l'est, ça n'est que passager et que ça ira mieux demain. Ou même tout à l'heure. Et puis, en l'espace d'une seconde, le masque est tombé. Moment fugace, mais j'ai pu y voir toute la tristesse du monde. Toute la solitude du monde était dans ce regard. Ca m'a fait penser à cette expression qui dit qu'on n'est jamais aussi seul qu'entouré de monde. Et pourtant, il y en avait du monde. Je me demande si j'étais la seule à remarquer ce regard. Peut être que d'autres l'ont regardé mais n'ont pas voulu le voir? J'ai eu l'impression que le temps s'est suspendu à ce moment là et de tout voir au ralenti. Et puis, tout s'est accéléré, comme si le temps avait voulu se rattraper. Tout le monde riait et riait. Je l'ai donc imaginé? Oui! oui...
Mais quand un clown rentre chez lui et qu'il enlève son maquillage, que reste-t-il?
Ce moment, je l'ai rêvé. Je l'espère en tout cas.